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Les 50 marques françaises les plus puissantes en 2026 : le classement complet

Hermès s’impose pour la première fois en tête du classement BrandZ France de Kantar, tandis que Mistral AI fait son entrée directement à la 29e place.

 
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Hermès prend la tête du classement des marques françaises les plus puissantes en 2026. © Kantar

Kantar dévoile l’édition 2026 de son classement BrandZ Top 50 France, qui évalue chaque année la valeur des 50 marques françaises les plus puissantes à l’échelle mondiale, en croisant performance financière et perception des consommateurs. Cette année, la valeur cumulée du Top 50 s’établit à 495 milliards de dollars, en léger recul de 2,3 % par rapport à 2025 (506,6 milliards). Un repli que Kantar qualifie de « rééquilibrage », après plusieurs exercices de croissance soutenue (+25 % en moyenne sur les quatre dernières années).

Hermès détrône Louis Vuitton, le luxe se polarise

Hermès s’impose pour la première fois en tête du classement, avec une valeur de marque estimée à 113 milliards de dollars. Louis Vuitton, qui occupait la première place en 2025, recule à la deuxième position (87,5 milliards). Le luxe reste structurant dans le palmarès : avec 293 milliards de dollars, le secteur concentre 59,3 % de la valeur totale du Top 50 (voir image de une).

Voici les 10 marques françaises les plus puissantes selon Kantar :

  1. Hermès (113 136 millions de dollars)
  2. Louis Vuitton (87 532 millions de dollars)
  3. Chanel (83 127 millions de dollars)
  4. L’Oréal Paris (36 854 millions de dollars)
  5. Orange (21 823 millions de dollars)
  6. Lancôme (15 124 millions de dollars)
  7. Cartier (14 457 millions de dollars)
  8. AXA (11 441 millions de dollars)
  9. Dior (10 122 millions de dollars)
  10. Garnier (9 981 millions de dollars)

Le classement met toutefois en lumière une polarisation croissante du secteur. D’un côté, l’ultra-luxe continue de progresser. Outre Hermès, Cartier et Van Cleef & Arpels figurent parmi les plus fortes hausses. À l’inverse, plusieurs marques plus exposées aux cycles de mode enregistrent des reculs significatifs, comme Louis Vuitton, Chanel, Dior ou encore Céline.

Les services financiers et l’énergie en forte progression

Les plus fortes progressions du classement viennent cette année d’autres secteurs clés de l’économie française :

  • Société Générale affiche la plus forte croissance du classement (+98 %);
  • Air France signe une hausse de +48 %, reflet d’un retour en grâce après plusieurs années difficiles,
  • Crédit Agricole progresse de 44 %,
  • Engie de 43 %,
  • EDF de 28 %,
  • BNP Paribas de 27 %,
  • AXA de 25 % (première marque financière française, à 11,5 milliards de dollars),
  • Orange de 21 %.

Le secteur banque-assurance compte désormais 9 marques dans le Top 50, avec les entrées de Groupama et Banque Populaire, ainsi que le retour de Caisse d’Épargne et Crédit Mutuel.

Mistral AI, Salomon et Back Market font leur entrée

Le classement accueille également de nouveaux profils. Mistral AI fait une entrée directe à la 29e place, avec une valeur de marque estimée à 3 milliards de dollars, incarnant l’émergence d’un acteur français de l’intelligence artificielle à l’échelle mondiale. Salomon, nouveau venu à la 37e place (1,7 milliard de dollars), et Back Market (1,2 milliard) complètent ces entrées, portés respectivement par le sport d’extérieur et l’économie circulaire.

Un rééquilibrage après quatre années de forte croissance

Comme rapporté l’an dernier, l’édition 2025 du classement était dominée par le luxe et la beauté, avec Louis Vuitton en première position et des marques de luxe représentant environ 44 % de la valeur totale du palmarès. L’édition 2026 marque une inflexion. Si le poids du luxe progresse en part relative (59,3 %), la valeur globale recule et les dynamiques de croissance se déplacent vers les secteurs de la finance, de l’énergie et des télécoms.

Dans un contexte de tensions géopolitiques et d’incertitudes économiques, le classement valorise davantage la capacité des marques à incarner fiabilité, continuité et proximité, explique Kantar. « 2026 n’est pas une année de recul pour les marques françaises, mais une année de clarification stratégique », conclut Cécile Lejeune, présidente de Kantar France.

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Email marketing, WhatsApp, SMS : quels canaux choisir pour fidéliser ses clients en 2026 ?

L’email marketing est-il toujours roi ? Les messageries instantanées sont-elles vraiment fiables ? Jonathan Loriaux, consultant CRM et codirecteur de Badsender, démêle les idées reçues et les pièges à éviter pour fidéliser ses clients en 2026.

 
Jonathan-Loriaux-BDM
Pour Jonathan Loriaux, le statut de l'email marketing n'est pas contesté, "même si la question revient régulièrement". © Montage BDM
Sommaire
 

En 2026, fidéliser ses clients est devenu un exercice d’équilibriste. Entre la multiplication des canaux disponibles, la pression croissante sur la délivrabilité et des audiences de plus en plus sollicitées, les équipes CRM doivent jongler avec des arbitrages complexes. Email, messageries instantanées, notifications push, SMS : comment choisir les bons canaux, les combiner efficacement et mesurer ce qui fonctionne vraiment ? Consultant CRM et codirecteur de Badsender, Jonathan Loriaux partage pour BDM sa vision des stratégies de fidélisation en 2026 et ses conseils concrets pour construire une relation client durable sur des bases solides.

Picture of Jonathan Loriaux

Jonathan Loriaux, Consultant CRM et co-directeur, Badsender

Jonathan Loriaux est spécialisé depuis plus de 15 ans dans l’accompagnement des entreprises sur les sujets de CRM, d’email marketing et de délivrabilité. Il co-dirige Badsender, agence spécialisée en emailing et CRM, engagée dans l’éducation de l’écosystème sur des enjeux essentiels : respect de la vie privée, lutte contre le spam, éco-conception ou encore accessibilité.

Se former aux techniques d’emailing

Email marketing, messageries instantanées, notifications push… Comment réussir à fidéliser ses clients en 2026 quand les canaux n’ont jamais été aussi nombreux, et les audiences aussi sollicitées ?

La multiplication des canaux n’est pas forcément un problème en soi si on se place du côté du destinataire, qui peut choisir ce qu’il préfère. Là où ça se complique, c’est côté marque : le chargé de campagnes doit jongler entre les canaux, les outils, et orchestrer le tout de façon cohérente.

Sur la priorisation des canaux, la logique est finalement assez simple : croiser les coûts, le temps mobilisé par les équipes et l’efficacité mesurée. Donc tester, mais avec vigilance, car les tests one-shot ont tendance à surperformer et peuvent fausser la lecture.

Sur la sursollicitation, c’est un problème structurel qui dure depuis des années, et personne n’a encore trouvé la solution miracle.

Les approches prédictives basées sur l’IA offrent de belles promesses, mais elles ne dispensent pas de travailler le fond : des messages vraiment pertinents, bien ciblés, construits avec soin.

L’email est souvent présenté comme le canal de fidélisation le plus fiable. Est-ce encore le cas en 2026, ou ce statut est-il en train d’être contesté par d’autres canaux ?

L’email est avant tout le canal de fidélisation le plus ancré dans les pratiques. Ses avantages restent incontestables : coût d’envoi très faible (pas de « timbre » à payer à Meta ou aux opérateurs téléphoniques), niveau de personnalisation élevé, possibilité d’un travail de design très soigné, écosystème d’outils extrêmement large, usages matures… On pourrait en citer encore beaucoup.

Son statut n’est clairement pas contesté, même si la question revient régulièrement. Les canaux s’accumulent, chacun avec sa spécificité, sans pour autant effacer les précédents. L’email n’a pas été tué par les SMS, ni par les notifications mobiles, ni par les réseaux sociaux. Il ne le sera pas davantage par WhatsApp.

 

L’avantage souvent sous-estimé de l’email marketing :

C’est le seul canal où la marque possède vraiment sa liste.

Pas d’algorithme tiers, pas de plateforme intermédiaire qui peut couper l’accès du jour au lendemain.

C’est un actif qui appartient à la marque, ce qui lui confère une valeur stratégique que les autres canaux n’ont tout simplement pas.

 

Les messageries instantanées s’imposent de plus en plus dans la relation client. Dans quels contextes sont-elles vraiment plus efficaces, et quelles sont leurs limites, selon vous ?

Les messageries instantanées ont l’avantage d’être… instantanées, et d’être entrées dans les usages d’une grande majorité de la population. C’est un excellent exemple de ce que j’évoquais sur les spécificités de chaque canal, avec des outils qui excellent dans le conversationnel : la réponse rapide, le suivi de commande en temps réel, le service client réactif. C’est quelque chose que l’email gère moins bien par nature.

 

Les limites des messageries instantanées dans la relation client :

D’abord le coût : Meta impose ses tarifs, et ils peuvent évoluer.

Mais surtout, ces canaux sont fermés et centralisés. Vous dépendez d’un acteur unique qui détient toute l’infrastructure et peut changer les règles du jour au lendemain.

 

C’est précisément l’avantage de l’email et, dans une moindre mesure, du SMS : ce sont des canaux ouverts et décentralisés. Aucun acteur unique ne peut vous couper l’accès à votre audience.

Il y a une vraie question de souveraineté derrière le choix des canaux CRM. Miser exclusivement sur WhatsApp ou Messenger, c’est construire sa relation client sur un terrain que vous ne possédez pas.

Se former à la relation client

Un email bien écrit, bien segmenté, mais qui finit en spam, c’est souvent le cauchemar de nombreuses marques. Quels sont les leviers pour s’assurer qu’un email atteint bien sa cible en 2026 ?

Le principe de base pour une bonne délivrabilité reste le respect du consentement. Les prérequis techniques (authentification, configuration des enregistrements DNS, réputation IP) sont nécessaires, mais jamais suffisants.

En délivrabilité, la réputation se construit principalement sur le comportement des destinataires face aux emails reçus.

Certaines interactions jouent négativement : plaintes spam, bounces, absence totale d’ouverture. D’autres ont un impact positif : taux d’ouverture et de clic élevés, réponses aux emails. Les FAI et webmails observent ces signaux en continu pour faire évoluer votre réputation d’expéditeur et pour décider où atterrit votre message.

 

La recommandation de Jonathan :

Les principaux leviers sont donc de s’assurer que vos cibles ont réellement envie de recevoir vos emails, ce qui commence par une acquisition de qualité, et de ne pas laisser s’accumuler des destinataires inactifs dans vos listes.

Continuer à envoyer massivement à des contacts qui n’ouvrent plus depuis des mois, c’est le meilleur moyen de dégrader sa réputation.

Cesser d’envoyer à ces inactifs n’est pas une perte, c’est une bonne manière d’augmenter vos performances.

La délivrabilité est un sujet stratégique, pas seulement technique.

 

Les outils d’emailing se dotent de plus en plus de fonctionnalités IA, pour la personnalisation, la segmentation ou encore la génération de contenus. Est-ce que cela change vraiment la donne pour la fidélisation, d’après vous ?

Soyons honnêtes : les premières fonctionnalités IA apparues dans les outils emailing relevaient davantage du gadget que de la révolution. Il fallait suivre la tendance, donc les plateformes ont sorti ce qu’il fallait pour ne pas paraître en retard.

Mais en 2026, les usages se précisent et deviennent vraiment intéressants.

Le plus structurant : l’automatisation de l’orchestration

On voit de plus en plus de plateformes proposer à leurs clients de concevoir des messages pour différents objectifs, et de laisser à l’outil le soin de décider quand et à qui les envoyer. La promesse est belle et pas si nouvelle dans sa formulation. C’est le vieux mantra du marketing direct, le bon message à la bonne personne au bon moment, enfin outillé pour se concrétiser à grande échelle (on l’espère).

Un autre sujet majeur : l’IA agentique

L’IA agentique commence à s’intégrer dans les solutions CRM les plus avancées. L’idée : être assisté par des agents autonomes capables de concevoir des campagnes complètes, de la rédaction du message à l’analyse des résultats.

Mais ces agents doivent être cadrés par des règles métier strictes. Les équipes qui les pilotent ont plus que jamais besoin d’une vision stratégique solide et d’un travail sérieux sur la gouvernance : charte éditoriale, charte graphique, définition claire des KPI.

L’IA amplifie ce qui existe, elle ne remplace pas la réflexion et ni des objectifs stratégiques bien définis.

Si vous deviez définir la combinaison idéale de canaux pour fidéliser en 2026, ce serait laquelle, et pourquoi ?

La combinaison idéale n’existe pas. La stratégie d’usage des canaux dépend entièrement du contexte : où se trouvent vos contacts, et quels types d’interactions requiert votre métier ?

Cela dit, sur les canaux de la relation client, je pense qu’il faut prioriser la maturité et les coûts. On mise d’abord sur l’email et le SMS pour tous les usages qui s’y prêtent. Ce sont des canaux éprouvés, maîtrisés, avec un excellent rapport coût/efficacité.

Ensuite, si on manque d’adresses email, si on a besoin de générer de la conversation, ou si on dispose d’une application mobile, on s’intéresse aux autres canaux.

Et, dans tous les cas : il faut tester, mesurer, vérifier ce qui est cohérent pour ses propres contacts. Sans céder aux tendances du moment.

Maîtriser ces canaux et leurs aspects les plus techniques nécessite des compétences qui évoluent vite. Pour quelqu’un qui souhaite se former à l’email marketing ou au CRM en 2026, par où recommanderiez-vous de commencer ? Avez-vous un conseil à partager pour se lancer ?

Je vais commencer par la réponse évidente : suivre le blog et la newsletter de Badsender, c’est un bon point de départ (rires).

Plus sérieusement, se former, à l’heure de l’IA, est relativement simple. Mais pour devenir vraiment expert, il faut savoir sortir des sentiers battus. Cela passe par des articles fouillés, à la marge de l’expertise qu’on est en train de construire. Pas des contenus ultra-génériques conçus pour le référencement.

C’est particulièrement vrai pour la délivrabilité, un domaine sur lequel l’IA est encore souvent à côté de la plaque : les subtilités de réputation, de comportement des FAI, de warm-up d’infrastructure ne se résument pas à quelques grandes règles.

Je recommande donc de suivre des blogs pointus, et surtout de rejoindre les communautés où se passent les vraies discussions d’experts. Pour tout ce qui concerne l’email marketing, le Slack EmailGeeks est pour moi une référence incontournable.

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E-commerce : les 100 marques les plus performantes en France

En 2025, le e-commerce a continué de progresser en France. Mais les entreprises étrangères restent celles qui génèrent le plus haut chiffre d’affaires.

 
top 100 e commerce 2026
En 2025, Amazon, Temu et Shein ont dominé le e-commerce en France. © ECDB

ECDB, base de données en ligne spécialisée dans les statistiques du e-commerce, a dévoilé le classement des 100 entreprises les plus performantes du secteur en France, sur l’année 2025. La liste, partagée par le directeur e-commerce de L’Oréal Mikael Brakker, se base sur le chiffre d’affaires net généré en ligne en France. Voici le classement complet !

Temu, Shein et AliExpress dans le top 5

Amazon semble indétrônable. La firme fondée par Jeff Bezos se classe invariablement en tête des classements e-commerce, et celui-ci ne fait pas exception. L’an dernier, nous notions également une forte percée des sociétés ultra low cost. En 2025, la tendance s’est poursuivie et même accentuée : Temu, Shein et AliExpress trustent respectivement les 2e, 3e et 4e positions. Les plateformes spécialisées dans la seconde main résistent toutefois : Vinted est 5e et eBay conserve sa 8e place.

Voici les 10 marques e-commerce ayant généré le chiffre d’affaires le plus élevé en France l’an passé :

  1. Amazon (=)
  2. Temu (+5)
  3. Shein (+1)
  4. AliExpress (-2)
  5. Vinted (-2)
  6. Carrefour (=)
  7. Veepee (-2)
  8. eBay (=)
  9. Cdiscount (=)
  10. Apple (+1)

De leur côté, les acteurs français représentent plus de la moitié du top 100 (56 entreprises). Mais cette forte présence masque toutefois un déséquilibre : les acteurs français sont peu dominants dans les premières positions et restent principalement solides dans des secteurs où la concurrence étrangère est plus difficile. C’est le cas de l’alimentaire, qui reste majoritairement contrôlé par des acteurs locaux grâce à leur logistique de proximité et à des usages comme le drive ou le click & collect. Ce secteur offre ainsi des revenus récurrents et relativement prévisibles.

En France, le e-commerce poursuit sa progression

De manière générale, le e-commerce se porte bien en France. Il atteint 68,3 milliards d’euros en 2025 (+5,9 %), avec une dynamique plus marquée pour les leaders : le Top 10 progresse de +12,5 % contre +8,7 % pour l’ensemble du Top 100.

Dans le détail, certains secteurs dominent largement le classement. La mode reste de loin le segment le plus représenté, portée à la fois par des plateformes (Vinted, Zalando) et des marques internationales, mais aussi marquée par une forte concurrence et une instabilité des positions. À l’inverse, le secteur du high-tech apparaît plus stabilisé, dominé par quelques acteurs historiques et fortement dépendant des logiques de prix et des marketplaces.

Cette place centrale des marketplaces dépasse les spécificités sectorielles et s’impose comme une dynamique structurante du e-commerce. Ces plateformes captent désormais l’essentiel de la découverte produit. Le e-commerce repose ainsi en grande partie sur la capacité à s’intégrer dans ces écosystèmes.

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La valeur de la marque : procédé et méthodes de valorisation. Par Tommaso Stella, Avocat.

Profil

 

La valeur de la marque : procédé et méthodes de valorisation.

Par Tommaso Stella, Avocat.
 
 
 

Ce que vous allez lire ici :

La valorisation des actifs de propriété intellectuelle, notamment des marques, est cruciale pour les entreprises. Malgré leur importance souvent dissimulée dans les bilans, comprendre leur valeur aide à la gestion, aux acquisitions, et à l'accès au financement. Une évaluation multidisciplinaire peut améliorer la confiance des investisseurs.
Description rédigée par l'IA du Village

L’objet de cet article est de rappeler que la marque d’une entreprise n’est pas seulement un nom, mais également une valeur, il est important de la valoriser ; sont ici précisés le procédé et les méthodes de valorisation.

-

1. Introduction : l’importance de la valorisation des actifs de propriété intellectuelle.

La valeur représentée par les actifs de propriété intellectuelle au sein des entreprises est très importante et ne cesse d’augmenter. Celle-ci est passée de 17% de la capitalisation boursière des entreprises en 1975 à 90% en 2020. En d’autres mots, les biens immatériels représentent aujourd’hui la quasi-totalité de la valeur des sociétés côtés en bourse.

La marque quant à elle est souvent l’actif immatériel dominant, capable d’atteindre des proportions remarquables. Pour donner quelques exemples, la valeur de la marque Nike (53,77 milliards d’euros) représente 43% de la valeur de l’entreprise ; Apple (502,68 milliards d’euros) s’arrête à 14,5% tandis que Coca-Cola (58 milliards d’euros) atteint 19%.

Toutefois, la plupart du temps, la valeur des actifs immatériels est cachée et n’est pas exprimée dans les bilans des entreprises. En effet, les principes comptables internationaux (IAS) privilégient l’approche prudentielle de la comptabilisation au coût historique plutôt qu’à la valeur courante.

En conséquence, par un curieux paradoxe, les ressources immatérielles qui sont à la base du processus de création de valeur et représentent des pourcentages très importants de la capitalisation boursière des entreprises sont, en même temps, l’une des principales causes d’imperfection et de distorsion des bilans. À cause des spécificités et criticités du processus de valorisation des actifs immatériels, la plupart des entreprises ne gèrent pas, ne mesurent pas, n’expriment pas et ne monitorent pas la valeur de ces ressources d’une importance considérable, voire vitale, dans la génération de valeur.

Pourtant, connaitre la valeur de sa marque s’avère utile en plusieurs occasions comme par exemple en cas de cession/acquisition de celle-ci, en cas de liquidation de la société, pour des finalités de management, de calcul dommages-intérêts ou encore lors de la constitution d’une sureté pour un prêt bancaire.

2. Le procédé de valorisation de la marque : au croisement entre droit et économie.

Le procédé d’évaluation de la marque est assez spécifique et caractérisé par différentes criticités qui justifient, du moins partiellement, la méfiance de banques et investisseurs à s’appuyer uniquement sur ces actifs.

D’une part, l’absence d’un marché liquide et transparent comme le marché immobilier nous prive de la possibilité de confronter la valeur résultante d’une expertise avec des valeurs « comparables ». D’autre part, la marque, comme tout droit de propriété intellectuelle, est un objet « fragile » étant à la fois un intangible aux contours changeants et volatiles et un droit exclusif soumis à l’aléa judiciaire et aux choix du législateur. Pensons par exemple à tout ce qui peut miner la validité marque et qui est parfois hors du contrôle de son titulaire : nullité, déchéance, dégénérescence, etc.

Pour cela, la valorisation d’une marque, tout comme la valorisation des actifs de propriété intellectuelle, nécessite à la fois de compétences économiques et juridiques.

a. Analyse qualitative.

L’analyse qualitative se compose à son tour d’une analyse juridique, d’une analyse de marché/marketing et d’une analyse du processus de création de valeur de l’entreprise. Cette analyse pose les bases pour l’analyse quantitative, influençant le choix de différents paramètres, comme le taux et la période d’actualisation, le taux de croissance, les flux financiers, etc., et donc la valeur finale.

i. Analyse juridique de la protection de la marque.

L’objectif est de déterminer la « force juridique » de la marque et de déceler des risques éventuels. En effet, il ne faut pas oublier que la protection est toujours à la base de la valeur : une mauvaise protection ou une absence de protection peuvent affecter la valeur jusqu’à la neutraliser totalement.

Lors de cette phase on évalue le caractère distinctif de la marque, son usage, sa portée territoriale, les conflits éventuels avec les droits de tiers ainsi que tous les contrats qui la concernent (ex. accords de coexistence, licences, etc.).

ii. Analyse marketing/marché.

L’objectif est d’évaluer la présence de la marque sur le marché compte tenu de la concurrence, des campagnes publicitaires, de la fidélité des clients et du positionnement de la marque.

Concrètement, on évalue le niveau de concurrence, le stade du cycle de vue du produit/service, les perspectives pour le marché mais également la notoriété de la marque, les valeurs communiquées et sa stratégie pour le futur.

iii. Analyse du processus de création de valeur de l’entreprise.

Pour avoir de la valeur, une marque doit être à l’origine d’avantages économiques appréciables. En même temps il faut éviter de superposer sa valeur avec celle d’autres actifs immatériels.

On procède donc à isoler la marque des autres biens immatériels (e.g. brevets, noms de domaines, clientèle, etc.), le but étant d’établir une cartographie des actifs et des ressources immatérielles de l’entreprise et de déterminer la contribution de chacun au processus de création de valeur.

b. Analyse quantitative.

L’analyse quantitative permet de déterminer la valeur financière de la marque à travers différentes méthodes de valorisation. Le rôle de l’expert est celui d’identifier la méthode la plus adaptée en fonction des caractéristiques de la marque à évaluer, des données comptables disponibles mais également des finalités de la valorisation.

Si l’on simplifie on peut identifier principalement trois familles de méthodes de valorisation.

i. Méthodes des coûts.

Les méthodes de valorisation par les coûts visent à déterminer le coût de création ou de remplacement d’une marque. De manière générale, ces méthodes ne sont pas adaptées à l’évaluation d’une marque en activité car rarement il y a une relation linéaire entre le coût de la protection d’une marque et sa valeur. Toutefois, cette famille peut être utile pour évaluer les marques d’une entreprise en difficulté ou qui a cessé son activité.

ii. Méthodes des flux de revenus.

Ces méthodes sont basées sur l’actualisation des flux de trésorerie futurs générés par la marque. Parmi ces méthodes nous pouvons identifier deux méthodes principales :

1. Méthodes des flux de trésorerie différentiels.

Ces méthodes de valorisation calculent la valeur de la marque actualisant sur une période déterminée les flux de trésorerie différentiels que celle-ci génère par rapport à des produits ou services identiques « sans marque ». Ces méthodes sont considérées parmi les plus précises car elles permettent d’« extraire » et « isoler » précisément la valeur de la marque.

2. Méthodes des royalties.

La valorisation par les méthodes des royalties actualise sur une période déterminée les royalties que l’entreprise devrait payer si elle devait demander en licence une marque équivalente. La royaltie s’extrait à partir de bases de données spécifiques et se choisit sur la base de paramètres qualitatifs comme le secteur et la notoriété de la marque.

iii. Méthodes des multiples.

La valorisation d’une marque par les multiples consiste en la multiplication d’un indicateur financier (ex. Ebitda) par un multiple obtenu soit par l’analyse de transactions comparables, soit par l’attribution d’un score qualitatif à
la marque. C’est parmi ces méthodes qui se situe la méthode Interbrand, l’une des plus connues et dont le procédé est reproduit ci-après.

Etape 1 : attribution d’un score à la marque sur une échelle de 0 à 100 :

  • Leadership sur le marché : 0-25
  • Stabilité - fidélité des consommateurs : 0-15
  • Stabilité de la demande du marché : 0-10
  • Internationalité : 0-25
  • Tendance du marché : 0-10
  • Investissements marketing : 0-10
  • Protection juridique : 0-5.

Etape 2 : Détermination du multiple entre 0 et 20 en reportant le score sur une « courbe en S ».

Etape 3 : Multiplication du multiple par le revenu attribuable à la marque.

Lors d’une valorisation il est toujours judicieux utiliser au moins deux méthodes afin de disposer d’une méthode de contrôle.

3. Conclusion : des procédés de valorisation plus fiables pour une propriété intellectuelle plus présente.

Notre souhait est que l’adoption de procédés de valorisation multidisciplinaires, transparents et reconnus permettra d’arriver à des valorisations qui soient fiables et acceptées par banques et investisseurs afin qu’il soit reconnu à la propriété intellectuelle son rôle dans la création de valeur, même d’un point de vue financier.

Quelque pays comme Singapour ont déjà emprunté cette voie et créé un véritable écosystème de financement directe via la propriété intellectuelle [1]. L’Italie de son côté permet depuis 2020 aux entreprises non soumises aux IAS de valoriser les actifs incorporels présents dans le bilan [2].

Tommaso Stella
Avocat au Barreau de Paris
Associé chez Lien Avocats
https://www.lien.legal/fr/pageaccueil/

 
 

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L’évaluation des marques

L'importance et la difficulté de bien valoriser des actifs incorporels

La valorisation précise des actifs incorporels, y compris la marque, est devenue cruciale dans l’environnement commercial actuel. Malgré les défis inhérents à la nature immatérielle de ces actifs, il est possible d’évaluer leur valeur en utilisant des méthodes appropriées et en recourant à l’expertise professionnelle. Une valorisation précise permet de mieux comprendre la valeur totale d’une entreprise, d’optimiser les décisions d’investissement et de faciliter les transactions commerciales.

La marque comme actif stratégique

La marque est un actif incorporel majeur pour de nombreuses entreprises, car elle incarne leur réputation, leur identité et leur positionnement sur le marché. Une marque forte peut générer une fidélité élevée des clients, permettre une différenciation concurrentielle et créer une valeur économique durable. Une valorisation précise des actifs incorporels, y compris la marque, est essentielle pour comprendre la valeur totale d’une entreprise. La valeur de la marque peut être intégrée dans les états financiers et les analyses de performance, ce qui aide les investisseurs, les actionnaires et les gestionnaires à prendre des décisions éclairées.

Les défis de la valorisation des actifs incorporels

La nature immatérielle des actifs incorporels

Les actifs incorporels tels que la marque sont des biens immatériels qui ne peuvent pas être facilement quantifiés ou mesurés. Contrairement aux actifs tangibles, il est difficile d’établir une valeur objective pour les actifs incorporels en raison de leur nature subjective et de leur dépendance vis-à-vis de facteurs tels que la perception des consommateurs ou les tendances du marché. Il existe différentes méthodes de valorisation des actifs incorporels, telles que la méthode des revenus futurs actualisés, la méthode des coûts historiques ou la méthode de comparaison de marché. Chacune de ces méthodes présente ses propres avantages et limites, et le choix de la méthode appropriée dépend du contexte spécifique de l’entreprise et des actifs à évaluer.

Les bonnes pratiques pour valoriser les actifs incorporels

La valeur d’une marque peut fluctuer au fil du temps en raison de divers facteurs tels que les changements de préférences des consommateurs, l’évolution de la concurrence ou les avancées technologiques. La valorisation des actifs incorporels nécessite donc un audit de valorisation de la marque qui devra être complet et multi-dimensionnel. A titre non exhaustif, les axes d’analyse seront les suivants :

  • La notoriété de la marque
  • La capacité de la marque à faire des extensions de produit sur des produits qui n’ont rien à voir avec vos gammes
  • La capacite de la marque à sortir de son marché
  • L’identification de sources de différentiation et de confusion par l’analyse de l’ADN, de la structure de la marque et de l’identité de la marque
  • La compréhension de l’usage de la marque depuis sa création
  • La qualité du dépôt des marques et des modèles
  • L’analyse de l’impact des marques concurrentes sur la création de valeur de la marque évaluée
  • Comprendre si la valeur de la marque repose sur des modèles iconiques
  • Evaluer si la façon dont la marque est distribuée la valorise
  • Comprendre si la marque va au-delà de ses cibles professionnelles
  • Face à une évaluation de plusieurs marques, comprendre la complémentarité des marques entre elles afin d’appréhender des survaleurs.

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